Renault 4 moderne : Citadine Électrique ou SUV Réinventé ?

Publié le 14/08/2025 - Temps de lecture : 6 minutes
Renault 4 moderne : Citadine Électrique ou SUV Réinventé ?

Le retour de la Renault 4 sur le devant de la scène automobile suscite aujourd’hui de nombreux débats. Avec son look haut perché, ses épaisses protections et sa grande garde au sol, elle interpelle autant les puristes de l’emblématique 4L que ceux qui s’intéressent à la vague actuelle des modèles urbains surélevés. Alors, ce véhicule au design revisité appartient-il vraiment à la famille grandissante des SUV ou se rapproche-t-il plutôt du segment des citadines électriques modernes ?

Origines et évolution de la Renault 4 : rupture ou continuité ?

Historiquement, la Renault 4 première du nom incarnait la simplicité et la polyvalence dans la catégorie des voitures compactes. Ce modèle populaire était pensé aussi bien pour les campagnes que pour la ville, sans ambition particulière de conquête hors-route. Aujourd’hui, son design actuel bouleverse certains codes en reprenant des éléments phares d’antan tout en adoptant des caractéristiques très contemporaines.

Ce renouveau traduit une volonté claire d’ancrer le véhicule dans une nouvelle époque. Entre souvenirs nostalgiques et innovations électriques, Renault propose un véhicule qui dialogue avec son histoire sans pour autant s’y reposer. La marque capitalise ainsi à la fois sur l’attachement émotionnel suscité par la 4L et sur une adaptation aux exigences actuelles, notamment autour de la mobilité durable et connectée.

Design, gabarit et classification : où situer la nouvelle R4 ?

La dernière mouture affiche une silhouette robuste, typique des véhicules « hauts sur pattes ». En observant ses dimensions – environ 4,14 mètres de long, 1,80 mètre de large et près de 1,57 mètre de haut – il est difficile de la distinguer franchement des modèles commercialement présentés comme SUV compacts. Sa garde au sol élevée et ses roues de grand diamètre témoignent clairement d’une inspiration issue de cet univers.

Pourtant, dans toute la communication officielle autour du modèle, le mot « SUV » est soigneusement évité. Ce parti-pris étonne dans un marché où cette appellation est devenue un argument de vente fort. Est-ce une stratégie marketing pour préserver l’esprit original de la R4, éviter la stigmatisation liée à certains choix politiques ou écologiques, ou simplement distinguer ce nouveau modèle dans un segment déjà saturé ?

Pourquoi Renault refuse-t-elle l’étiquette suv pour sa 4L ?

L’importance des segments dans l’industrie automobile

Dans le jargon des constructeurs, chaque lettre et chaque terme ont leur poids. Classiquement, la Renault 4 serait inscrite dans le segment B, celui des citadines polyvalentes. Une version surélevée de ce segment a vu le jour ces dernières années sous l’intitulé B-SUV, très prisé par les marques cherchant à séduire un public urbain amateur de hauteur de conduite.

Malgré toutes les ressemblances factuelles entre la Renault 4 moderne et ses concurrentes cataloguées comme SUV-B, la communication institutionnelle préfère parler de citadine électrique innovante. Cette orientation vise à conserver l’image accessible, simple et agile de la 4L, adaptée à la ville comme aux trajets périurbains.

Les implications commerciales et sociales

Sur le plan marketing, ne pas associer le modèle à l’image parfois controversée du SUV permet à la marque de se protéger contre certaines critiques sociétales actuelles : préoccupations écologiques liées à la taille et au poids des véhicules, fiscalité désavantageuse ou restrictions dans certaines villes. De plus, l’avènement de nouveaux standards électriques – comme l’intégration des batteries sous le plancher et la généralisation des carrosseries hautes – a rendu la frontière entre citadine classique et mini SUV beaucoup plus floue.

En misant sur un patronyme historique rassurant associé à des attributs stylistiques contemporains, Renault renouvelle son offre tout en conservant une singularité forte. Cette tactique vise un public attaché à la modernité, tout en gardant la clientèle attirée par la nostalgie et l’authenticité.

Comparaison de la Renault 4 avec ses rivales directes

Pour mieux comprendre l’identité de la Renault 4 revisitée, une comparaison avec les gabarits de modèles similaires aide à y voir plus clair. Si l’on regarde les données techniques, elle se situe en plein cœur du créneau des petites familiales électriques surélevées, côtoyant des références explicitement qualifiées de SUV.

• Jeep Avenger : longueur 4,08 m, largeur 1,78 m, hauteur 1,53 m

• Renault 4 (revisitée) : longueur 4,14 m, largeur 1,80 m, hauteur 1,57 m

• Ford Puma Gen-E : longueur 4,21 m, largeur 1,80 m, hauteur 1,55 m

Au niveau des proportions, il existe finalement peu de différences notables entre ces modèles. On observe des tendances convergentes, notamment liées à l’intégration des batteries pour une meilleure habitabilité et un plancher plat. Ce glissement morphologique efface progressivement la ligne séparant monospaces compacts, crossovers et citadines classiques, chaque marque cherchant à maximiser l’espace intérieur et la sensation de robustesse.

Modèle Longueur (m) Largeur (m) Hauteur (m)
Jeep Avenger 4,08 1,78 1,53
Renault 4 (moderne) 4,14 1,80 1,57
Ford Puma Gen-E 4,21 1,80 1,55

Questions fréquentes sur la place de la Renault 4 dans le paysage automobile

La Renault 4 est-elle considérée officiellement comme un SUV ?

Non, la marque Renault n’utilise pas le terme « SUV » pour qualifier la nouvelle Renault 4. Même si son apparence et ses mensurations rappellent fortement celles des petits SUV électriques, c’est avant tout présenté comme une citadine électrique polyvalente. La communication met en avant son côté urbain, pratique et connecté.• Pas d’emploi officiel du terme « SUV » dans les documents promotionnels

• Mise en avant de la compacité et de la praticité urbaine

Quelles sont les différences majeures avec l’ancienne 4L ?

Le nouveau modèle adopte des proportions plus généreuses, une motorisation électrique et un niveau d’équipement moderne. Là où l’ancienne 4L privilégiait la simplicité et la légèreté, la version actuelle se distingue par des équipements numériques et une position de conduite surélevée, mais conserve certains clins d’œil au design d’origine.• Motorisation électrique contre essence autrefois

• Technologies embarquées actuelles

• Silhouette plus imposante, tout en gardant le hayon vertical caractéristique

Pourquoi les constructeurs hésitent-ils à utiliser l’appellation « SUV » aujourd’hui ?

Plusieurs raisons expliquent cette retenue : des enjeux écologiques croissants, des réglementations récentes sur les volumes et la masse des véhicules, mais aussi un désir de ne pas aliéner une partie de la clientèle amateure de légèreté et de sobriété. L’utilisation du mot « citadine » offre davantage de flexibilité commerciale et d’ouverture auprès du grand public.1. Pression écologique et politique

2. Image parfois négative des SUV dans les centres-villes

3. Tendance à privilégier la polyvalence et la compacité dans la communication

Que penser de la concurrence directe de la Renault 4 moderne ?

La plupart des véhicules concurrents assument pleinement le statut de SUV compact électrique dans leur présentation, même lorsque leurs dimensions sont équivalentes ou inférieures. Pourtant, le choix de Renault de positionner son modèle différemment est perçu comme une volonté de proposer une alternative originale face à une offre souvent standardisée, en mettant l’accent sur la tradition et une mobilité pensée pour tous.

Modèle Stratégie de positionnement
Citadines électriques concurrentes Souvent revendiquées SUV
Renault 4 moderne Citadine optimisée au style crossover, sans étiquette SUV

 

A retenir

La nouvelle Renault 4 réinvente l’icône historique en adoptant un design haut perché et robuste, proche des SUV compacts, tout en refusant officiellement cette étiquette. Présentée comme une citadine électrique polyvalente, elle combine clins d’œil à la 4L originelle, dimensions proches des B-SUV et motorisation 100 % électrique. Ce choix de positionnement permet à Renault de préserver l’image d’accessibilité et d’agilité urbaine, tout en évitant les critiques liées aux SUV. Résultat : un modèle à la croisée des genres, mêlant nostalgie, modernité et stratégie marketing habile pour séduire à la fois les amateurs d’authenticité et les adeptes de mobilité électrique contemporaine.

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