Voitures d’occasion : tendances régionales en France 2024

Publié le 03/08/2025 - Temps de lecture : 7 minutes
Voitures d’occasion : tendances régionales en France 2024

Chaque année, l’achat de voitures d’occasion connaît une véritable explosion en France et 2024 ne déroge pas à la règle. Le marché affiche un record historique avec plus de 5,4 millions de transactions, révélant des comportements d’achat passionnants selon les territoires. Certaines préférences restent profondément ancrées, tandis que d’autres évoluent sous l’impulsion du budget ou des nouvelles technologies. Petit tour d’horizon des particularités régionales qui dessinent la carte automobile de l’Hexagone.

Des modèles phares, mais des régionalismes affirmés

Difficile d’aborder le sujet des voitures d’occasion sans mentionner ces modèles qui occupent inlassablement les premières places dans presque tous les départements. Des citadines agiles aux compactes polyvalentes, le podium est dominé par quelques incontournables, mais leur ordre varie d’une région à l’autre. Ce phénomène révèle aussi une touche de chauvinisme local et des choix directement liés au mode de vie de chaque territoire.

En Île-de-France, véritable cœur urbain effervescent, la priorité va à la maniabilité et au confort. Sur ce territoire, les Français optent massivement pour des modèles comme la Renault Clio, la Peugeot 208 ou encore la 308. Cette tendance reflète le besoin de flexibilité sur des routes souvent saturées. Dans le Grand Est ou en Occitanie, le même trio s’impose, mais la boîte manuelle demeure très prisée, preuve d’un attachement à la tradition mécanique et à une gestion rigoureuse du budget automobile.

• Île-de-France : Renault Clio, Peugeot 208, Peugeot 308

• Auvergne-Rhône-Alpes : Peugeot 208, Peugeot 308, Renault Clio

• Pays de la Loire : Peugeot 308, Peugeot 2008, Peugeot 208

• Bretagne : Citroën C3, Peugeot 308, Peugeot 2008

• Grand Est : Renault Clio, Peugeot 308, Peugeot 208

Ces constats illustrent qu’au-delà des idées reçues, chaque région impose ses propres favoris, tout en conservant un noyau dur de valeurs sûres partagées entre voisins. Certains territoires affichent également une préférence marquée pour les hatchbacks raffinés ou les SUV compacts, témoignant de l’évolution des besoins et des styles de conduite locaux.

L’âge moyen du véhicule acheté révèle aussi des disparités notables : en Pays de la Loire, les acheteurs privilégient des modèles récents (environ 5,5 ans), alors qu’en Île-de-France, où le marché est plus premium, on retrouve des occasions âgées autour de huit ans, issues principalement des gammes haut de gamme.

Boîtes automatiques contre manuelles : des clivages géographiques persistants

Sur le terrain de la transmission, la France se divise clairement en deux camps. Les régions les plus densément peuplées et dotées d’un revenu médian élevé privilégient désormais la boîte automatique. Sa popularité ne cesse de croître, portée par l’usage urbain intensif, la gestion des embouteillages et le confort de conduite recherché.

À l’inverse, certains bastions comme les Hauts-de-France, l’Occitanie ou le Grand Est restent fidèles à la boîte manuelle, qui conserve plus de 60 % des parts de marché. Ce succès s’explique par son coût inférieur à l’achat et à l’entretien, mais aussi par la fidélité à une expérience de conduite traditionnelle, notamment chez les jeunes conducteurs ou dans les zones rurales moins séduites par l’automatisme.

Moteur thermique, hybride ou électrique : quelles différences régionales ?

La transition énergétique du parc roulant progresse lentement sur le marché de l’occasion, parfois à rebours des politiques nationales. Certaines régions continuent de miser sur le diesel, tandis que les grandes métropoles se tournent vers d’autres alternatives énergétiques.

En Île-de-France, le diesel ne représente plus qu’une fraction marginale des achats, évincé par la recherche de modèles essence moins taxés et par la montée de l’hybride ou de l’électrique. À l’opposé, le Grand Est, les Hauts-de-France ou la Nouvelle-Aquitaine restent attachés au gazole, qui dépasse encore les 40 % des ventes locales. Malgré les incitations officielles, seules les motorisations hybrides dépassent timidement les 7,5 % au niveau national, avec des records locaux observés en Provence-Alpes-Côte d’Azur et toujours en Île-de-France.

Région Part de véhicules électriques d’occasion (%) Part de véhicules hybrides d’occasion (%) Part de diesels d’occasion (%)
Pays de la Loire 9,2
France (moyenne) 4,2 7,5
Hauts-de-France/Nouvelle-Aquitaine/Grand Est >40

Le Pays de la Loire se démarque avec près de 10 % de voitures électriques vendues sur le marché d’occasion, soit plus du double de la moyenne nationale. Cet engouement s’explique souvent par une meilleure couverture des bornes de recharge et par des dispositifs incitatifs spécifiques à la région.

Les hybrides séduisent surtout là où l’usage urbain prédomine : leur autonomie accrue et leur consommation maîtrisée répondent parfaitement à la quête d’efficacité sur des trajets courts, sans pour autant basculer totalement vers l’électrique. Derrière les chiffres nationaux, de profondes disparités territoriales persistent.

Prix, âge des véhicules et influence du pouvoir d’achat

Derrière toutes ces statistiques, le facteur déterminant reste le pouvoir d’achat dont disposent les habitants. En Auvergne-Rhône-Alpes, la dépense moyenne pour une voiture d’occasion atteint près de 15 900 euros, suivie de près par l’Île-de-France et le Pays de la Loire. Ces montants élevés traduisent souvent le choix de modèles mieux équipés, plus luxueux ou plus récents.

Ailleurs, la réalité diffère : en Bourgogne-Franche-Comté, en Normandie ou dans le Grand Est, le prix moyen tourne plutôt autour de 12 000 euros pour un véhicule d’occasion. Résultat : des choix pragmatiques privilégiant la robustesse, la simplicité technique ou encore des voitures plus anciennes mais éprouvées.

• Prix élevé = véhicules plus récents ou premium

• Prix modéré = véhicules plus âgés et entrée de gamme

• L’écart : jusqu’à 4000 euros selon la région

• Facteurs d’influence : offre locale, rapport à la technologie, accessibilité financière

Questions fréquentes sur les spécificités régionales du marché de l’occasion

Quels modèles de voitures d’occasion dominent selon les régions françaises ?

Les modèles les plus plébiscités varient légèrement d’une région à l’autre. La Peugeot 208 et la Renault Clio sont en tête partout, mais leur ordre diffère selon la dominance citadine ou rurale du territoire. La Citroën C3 marque davantage de points en Bretagne, tandis que la Peugeot 2008 séduit particulièrement dans le Sud et l’Ouest. Voici un aperçu des principaux choix :

• Île-de-France : Renault Clio, Peugeot 208, Peugeot 308

• Bretagne : Citroën C3, Peugeot 308, Peugeot 2008

• Provence-Alpes-Côte d’Azur : Peugeot 208, Renault Clio, Peugeot 308

Pourquoi observe-t-on des écarts aussi importants dans la motorisation choisie ?

Plusieurs facteurs expliquent ces différences : les habitudes de déplacement, l’accès à la recharge électrique et la fiscalité jouent un rôle clé. Le diesel domine toujours là où l’on parcourt de longues distances (Grand Est, Hauts-de-France), tandis que l’essence, l’hybride ou l’électrique progressent en zone urbaine, surtout en Île-de-France et dans les Pays de la Loire. Ce tableau donne un aperçu de la répartition type des énergies :

Zone Diesel (%) Hybride/Électrique (%)
Urbain <20 >15
Rural/périurbain >40 <10

Comment expliquer les variations de prix moyens selon la région ?

Plusieurs paramètres entrent en jeu : le niveau de vie, la disponibilité locale de véhicules récents et la préférence pour certains modèles influencent fortement le prix final. Dans les grandes agglomérations et les régions industrialisées, les prix atteignent aisément 15 000 euros ou plus, contre 11 000 à 13 000 euros dans les régions rurales ou là où le pouvoir d’achat impose des arbitrages stricts.

La boîte automatique va-t-elle supplanter la boîte manuelle sur le marché de l’occasion ?

L’adoption de la boîte automatique accélère dans les grandes villes, stimulée par la recherche de confort et la multiplication des trajets embouteillés. Cependant, les régions plus rurales ou habituées à composer avec des budgets serrés continuent de privilégier la manuelle pour sa fiabilité et son prix attractif. Il faut donc s’attendre à ce que ces deux types de transmissions coexistent durablement, chacune correspondant à un mode de vie distinct.

 

A retenir

Le marché de la voiture d’occasion en France bat des records, mais révèle une profonde diversité selon les régions. Si certains modèles comme la Peugeot 208 ou la Renault Clio dominent partout, les préférences varient selon le mode de vie local, le pouvoir d’achat, et les contraintes territoriales. Le clivage entre boîtes automatiques et manuelles, la persistance du diesel dans certaines zones, ou encore l’essor timide de l’électrique témoignent d’un paysage automobile en transition lente mais structurée. En somme, l’achat d’un véhicule d’occasion reste avant tout un choix ancré dans des réalités locales, où raison budgétaire, habitudes de conduite et contexte géographique dictent les tendances.

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