Suppression des ZFE en France : où en est-on aujourd’hui ?

Publié le 18/11/2025 - Temps de lecture : 7 minutes
Suppression des ZFE en France : où en est-on aujourd’hui ?
Les débats sur les Zones à Faibles Émissions (ZFE) continuent d’alimenter l’actualité depuis plusieurs mois. Entre annonces politiques, attentes des automobilistes et complexité du processus législatif, il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Alors que circulent des rumeurs sur une éventuelle disparition des ZFE, la réalité reste bien différente. Beaucoup souhaitent savoir si ces zones encadrées sont encore en vigueur, quelles règles spécifiques s’appliquent aujourd’hui, et ce qui pourrait changer dans un avenir proche. Voici un panorama clair et actualisé de la situation, sans détour ni idée reçue.

Le chemin tortueux de l’abrogation des ZFE

Depuis le printemps 2025, la question de la suppression des ZFE anime de nombreux débats, aussi bien à l’Assemblée nationale que dans l’espace public. Le vote d’un amendement favorable à leur abrogation a provoqué un emballement médiatique, laissant croire à une victoire rapide pour les opposants aux ZFE. Pourtant, rien n’est définitif : le parcours parlementaire de cet amendement demeure inachevé, notamment à cause du blocage du projet de loi de simplification auquel il était rattaché. Dans le même temps, le Conseil constitutionnel doit vérifier la conformité de cet amendement avec la Constitution, surtout si celui-ci apparaît déconnecté du texte principal. Si le Conseil venait à rejeter cette disposition, ou si le Parlement ne validait pas définitivement l’ensemble du texte, le dispositif actuel resterait en place, prolongeant ainsi l’incertitude tant pour les collectivités que pour les usagers concernés.

Où les ZFE restent-elles effectivement applicables ?

Malgré certaines annonces, la réalité est qu’aujourd’hui, 26 agglomérations françaises ont mis en œuvre leur propre ZFE-m. Cela concerne environ 6 % du parc automobile français, directement impacté par les limitations liées à la vignette Crit’Air. Tous les territoires ne vivent cependant pas la même situation. Certaines grandes villes bénéficient d’exemptions officielles par décret, car la qualité de leur air respecte certains seuils réglementaires. D’autres appliquent temporairement la mesure uniquement aux véhicules les plus polluants, ou suspendent les restrictions jusqu’à nouvel ordre, créant ainsi une carte très contrastée selon les régions.
  • Agglomérations exemptes en raison d’une bonne qualité de l’air.
  • Dérogations temporaires accordées dans certaines villes jusqu’à début 2026.
  • Restrictions limitées aux poids lourds dans quelques métropoles.
  • Règles variables concernant l’interdiction des Crit’Air 3, 4 et 5 selon chaque calendrier local.

Comment fonctionnent les échéances et les calendriers locaux ?

Paris, Lyon et d’autres grandes métropoles maintiennent leur ZFE indépendamment des discussions nationales. Elles peuvent renforcer la réglementation locale grâce à un arrêté municipal, même si l’État modifie le cadre général. Cette dualité crée parfois de la confusion : il est donc essentiel de bien se référer à la réglementation propre à chaque zone avant de circuler. À Paris, par exemple, la circulation des véhicules Crit’Air 4 et 5 est déjà interdite, et la capitale compte poursuivre cette politique, même en cas de suppression nationale des ZFE. Lyon applique également strictement la mesure, tout comme Grenoble, pionnière dès 2017. D’autres agglomérations telles que Toulouse ou Bordeaux élargissent progressivement l’interdiction à de nouveaux types de véhicules dans les années à venir.
Ville Date de mise en place ZFE Types de véhicules interdits
Paris depuis 2023 Crit’Air 4 et 5
Lyon fin 2023 Crit’Air 4 et 5
Grenoble depuis 2017/2024 Crit’Air 4, 5 puis 3
Bordeaux 2022-2023 Progression vers Crit’Air 3
Nantes, Strasbourg, Lille, Rennes prévu fin 2025/début 2026 Progression vers Crit’Air 3

Ce qui change — ou pas — pour les automobilistes

Face à cette mosaïque réglementaire et à l’incertitude liée au calendrier législatif, les conducteurs doivent redoubler de vigilance. Même durant la période de transition, la possession de la vignette Crit’Air reste obligatoire partout où la ZFE est active. Les contrôles sont toujours en vigueur : l’absence de sanction immédiate ne dispense pas du respect de la norme. Pour les propriétaires de véhicules Crit’Air 3, 4 ou 5, anticiper devient crucial : sans adaptation, il faudra bientôt renoncer à certains déplacements urbains. Deux options principales s’offrent alors : investir dans un véhicule moins polluant ou privilégier des modes alternatifs de mobilité (transports collectifs, vélos urbains, covoiturage). Dans ce contexte instable, ces solutions offrent davantage de sérénité pour circuler en ville. À noter également, certains véhicules de collection bénéficient d’exemptions spécifiques et peuvent circuler dans certaines ZFE malgré les restrictions en vigueur.

Quelles perspectives pour l’avenir des ZFE ?

Au-delà de cette phase charnière, où le Conseil constitutionnel et de futures décisions municipales auront un rôle central, la question des ZFE pose un véritable défi : comment concilier impératif environnemental, contraintes sociales et exposition à d’éventuelles sanctions européennes ? En effet, supprimer massivement les ZFE risquerait d’entraîner des pénalités financières lourdes pour non-respect des normes communautaires, avec des risques évalués à plusieurs milliards d’euros. Certaines collectivités réfléchissent à une adaptation locale plus souple, intégrant les réalités sociales : maintien ou assouplissement du dispositif, report des échéances pour les particuliers, recentrage des restrictions sur les usages professionnels intensifs. Demain, la flexibilité locale devrait donc coexister avec des obligations nationales structurantes, selon les choix opérés à Paris et Bruxelles.

Questions fréquentes sur la suppression et l’évolution des ZFE

Peut-on circuler sans vignette Crit’Air en 2025 ?

Non, tant qu’une agglomération applique sa ZFE et n’a pas modifié son arrêté, la possession de la vignette Crit’Air demeure obligatoire pour accéder à ces zones restreintes. La période de transition laisse toutefois aux collectivités la possibilité d’ajuster leurs mesures si la législation évolue.
  • Les contrôles restent effectifs dans toutes les ZFE en vigueur.
  • L’absence de vignette expose à une contravention.

Que risquent les villes qui suppriment totalement leur ZFE ?

Une suppression précipitée des ZFE expose potentiellement la collectivité à des pénalités européennes pour non-respect des directives sur la qualité de l’air. On évoque parfois des amendes pouvant atteindre plusieurs milliards d’euros, incitant à la prudence.
Conséquence Montant estimé
Pénalité européenne maximale Jusqu’à 3 milliards €

Pourquoi les règles diffèrent-elles autant d’une ville à l’autre ?

Chaque collectivité adapte le périmètre, les horaires et la sévérité de sa ZFE selon ses propres enjeux : qualité de l’air, profil socio-économique, infrastructures disponibles… Ces critères expliquent l’existence de dérogations, de délais supplémentaires ou d’interdictions ciblées sur certains types de véhicules.
  • Flexibilité permise par le droit local après validation formelle.
  • Mesures atypiques dans les agglomérations les plus engagées ou concernées.

Faut-il changer de voiture dans l’immédiat pour rester conforme ?

Rester informé et anticiper permet de limiter les mauvaises surprises face à l’évolution imprévisible de la réglementation. Investir dans un véhicule moins polluant ou opter pour d’autres moyens de déplacement peut s’avérer judicieux, surtout si l’on réside près d’une grande métropole.
  • Évaluation du risque selon le calendrier de chaque ZFE.
  • Marge de manœuvre possible en cas d’annonce officielle de suppression, mais vigilance recommandée.

A retenir

Les ZFE ne sont ni supprimées ni suspendues au niveau national : malgré le bruit médiatique, l’amendement d’abrogation n’est pas encore validé et pourrait être censuré par le Conseil constitutionnel. Dans les faits, 26 agglomérations maintiennent leurs restrictions, et certaines — comme Paris, Lyon ou Grenoble — prévoient même de les renforcer indépendamment des décisions de l’État. La vignette Crit’Air reste obligatoire partout où une ZFE est en vigueur, et les contrôles continuent. Une suppression totale exposerait par ailleurs la France à des sanctions européennes pouvant atteindre plusieurs milliards d’euros. Résultat : les automobilistes doivent rester vigilants et suivre de près les calendriers locaux, car les règles diffèrent fortement d’une ville à l’autre.

Partager cet article